L’AMAO organise à Banjul un atelier régional pour faire avancer le Système de paiement et de règlement de la CEDEAO

L’Agence Monétaire de l’Afrique de l’Ouest (AMAO), en collaboration avec la Banque Centrale de Gambie, a organisé, du 21 au 23 septembre 2026 à Banjul, en Gambie, un atelier régional de trois jours consacré à l’examen final et à l’adoption des livrables de la première phase de l’assistance technique de la Banque africaine de développement (BAD) pour l’harmonisation des infrastructures de systèmes de paiement existantes au sein de la CEDEAO.

L’atelier a réuni les membres des Comités Technologie et Règles/Opérations (TRO), composés d’experts des Banques Centrales membres, ainsi que des représentants d’institutions régionales d’infrastructures de paiement, l’Équipe de mise en œuvre du projet (PIT) de l’AMAO, Genesis Analytics, le cabinet de consultants recruté dans le cadre du projet, et M. Khassoum Wone, le consultant individuel chargé de la gestion du projet.

Cette rencontre constitue une étape importante dans la mise en œuvre du Système de paiement et de règlement de la CEDEAO (EPSS), l’une des initiatives phares du Programme 7 de la Feuille de route révisée de la CEDEAO pour le lancement de l’ECO. L’EPSS vise à assurer l’interconnexion des systèmes de paiement existants dans l’espace CEDEAO au moyen d’un Système régional de règlement brut en temps réel (RBTR) et d’un Système de paiement instantané (SPI), contribuant ainsi à rendre les transactions transfrontalières au sein de la Communauté plus rapides, plus sûres et plus efficaces. Au-delà de sa dimension technique, l’EPSS est un levier essentiel de l’intégration économique régionale qui permettrait de réduire les coûts de transaction, d’améliorer l’efficacité des règlements et de favoriser l’approfondissement des marchés financiers dans les États membres de la CEDEAO.

Participants à l’Atelier régional consacré à l’examen final et à l’adoption des livrables de la première phase de l’assistance technique relative à l’EPSS, Banjul, Gambie.

Prononçant le discours d’ouverture au nom de l’Honorable Buah SAIDY, Gouverneur de la Banque Centrale de Gambie (CBG), M. Lamin MANNEH, Conseiller principal du Gouverneur, a inscrit les travaux de l’atelier dans le cadre plus large du processus d’intégration monétaire régionale. Dans son allocution, le Gouverneur a rappelé que l’EPSS constitue l’une des initiatives phares du Programme 7 de la Feuille de route révisée de la CEDEAO pour le lancement de l’ECO et que ses composantes RBTR et SPI devraient fournir l’infrastructure nécessaire à l’interconnexion des systèmes de paiement actuellement fragmentés des États membres. Il a insisté sur la nécessité d’accélérer la mise en œuvre du projet, compte tenu des retards enregistrés à ce jour et de l’urgence d’opérationnaliser le système régional de paiement avant le lancement de l’ECO. Il a, en outre, souligné que le déploiement réussi de l’EPSS constituerait une avancée majeure dans le renforcement de la coopération monétaire et la mise en place de l’infrastructure institutionnelle nécessaire au projet de future monnaie unique.

L’allocution a également mis en évidence l’importance économique globale de cette initiative. Malgré le potentiel économique et commercial considérable de la CEDEAO, les échanges intrarégionaux demeurent relativement faibles, tandis que la fragmentation des systèmes de paiement, l’absence d’interopérabilité directe, de mécanismes communs de règlement et d’une infrastructure régionale partagée de paiement continuent de rendre les transactions transfrontalières plus lentes, plus complexes et plus coûteuses. L’atelier a ainsi offert aux experts de la région l’occasion de contribuer à lever ces contraintes en procédant à un examen rigoureux des fondements techniques proposés pour l’EPSS.

M. Lamin MANNEH, Conseiller principal du Gouverneur, prononçant le discours d’ouverture au nom de l’Honorable Buah SAIDY, Gouverneur de la CBG, lors de l’Atelier régional de validation de l’EPSS.

Dans son allocution introductive, l’Honorable Boima S. KAMARA, Directeur Général de l’AMAO, a souligné que l’importance stratégique de l’EPSS allait bien au-delà de la facilitation de paiements transfrontaliers plus rapides, plus sûrs et moins coûteux. Le projet devrait également contribuer à l’inclusion financière, au commerce intrarégional et à la libre circulation des capitaux. Il a toutefois insisté sur le fait que la réalisation de ces objectifs nécessitait une architecture cohérente, des règles harmonisées, des dispositifs de gouvernance clairement définis ainsi qu’une étroite coopération entre les Banques Centrales, les institutions communautaires et les autres parties prenantes.

Dans ce contexte, le Directeur Général a mis en exergue les sept principaux livrables du projet élaborés par Genesis Analytics en concertation avec les parties prenantes. Ceux-ci portent notamment sur les conceptions fonctionnelles du RBTR régional et du SPI, la feuille de route et le schéma directeur de l’architecture de l’EPSS, les règles de participation ainsi que les règles et procédures opérationnelles devant régir les deux systèmes. Pris dans leur ensemble, ces livrables visent à jeter les bases fonctionnelles, techniques, institutionnelles et opérationnelles du futur dispositif régional de paiement. Il a, par conséquent, appelé à une évaluation rigoureuse de leur cohérence, de leur faisabilité, de leur sécurité et de leur capacité à répondre efficacement aux besoins des États membres de la CEDEAO. Collectivement, ces livrables constituent le schéma directeur d’une architecture régionale de paiement évolutive et pérenne, capable de s’adapter à l’évolution des exigences technologiques et réglementaires.

L’Honorable Boima S. KAMARA, Directeur Général de l’AMAO, s’adressant par visioconférence aux participants lors de la cérémonie d’ouverture de l’Atelier régional de validation de l’EPSS.  

Dans son allocution de bienvenue, M. John MOMMOH, Président des Comités Technologie et Règles/Opérations (TRO), a présenté le projet d’harmonisation des infrastructures de systèmes de paiement comme l’une des pierres angulaires de la vision de la CEDEAO en faveur d’une Afrique de l’Ouest plus intégrée, plus compétitive et plus prospère. Il a souligné qu’à mesure que s’approfondit l’intégration économique régionale, la mise en place de systèmes de paiement sûrs, efficaces et interopérables devient essentielle pour assurer des transactions transfrontalières fluides.

Il a qualifié l’exercice de validation de Banjul d’étape majeure, fruit de vastes consultations, d’évaluations techniques, d’échanges avec les parties prenantes et d’un travail collaboratif entre les experts et les institutions de la région. Il a rappelé que cet exercice offrait aux experts l’occasion de procéder à un examen critique des livrables proposés, de s’assurer qu’ils tiennent dûment compte des réalités et des priorités des États membres et de confirmer leur alignement sur le programme plus large d’intégration régionale.

Le Président a également insisté sur l’importance de l’appropriation régionale et d’une participation active, soulignant que l’expertise technique, l’expérience pratique et les recommandations des membres des Comités seraient déterminantes pour affiner et renforcer les livrables finaux. L’objectif commun, a-t-il rappelé, est de mettre en place un écosystème de paiement moderne, résilient, interopérable et inclusif, capable de répondre efficacement aux besoins des gouvernements, des institutions financières, des entreprises et des citoyens dans l’espace CEDEAO.


M. John MOMMOH, Président des Comités TRO, s’adressant aux participants lors de la cérémonie d’ouverture.

L’atelier s’inscrit dans le prolongement d’un vaste processus d’examen technique des livrables, qui avaient déjà fait l’objet d’un examen préliminaire lors de sessions virtuelles. La rencontre de Banjul a permis aux experts de procéder à l’examen final des documents, de résoudre les questions techniques en suspens et d’adopter les livrables en vue de leur soumission au Comité de pilotage du projet (CPP) et à la BAD.

Membres des Comités TRO et autres participants examinant les livrables de la première phase de l’assistance technique relative à l’EPSS lors de l’atelier de Banjul.

L’atelier témoigne également de l’approche collaborative qui sous-tend le projet EPSS, en réunissant autour d’un objectif commun les institutions régionales, les Banques Centrales membres, les experts techniques, les acteurs des systèmes de paiement et les partenaires au développement. Cette initiative illustre en outre la volonté de la région de mettre à profit l’expertise collective et les mécanismes de coopération afin de relever les défis communs liés aux systèmes de paiement et de favoriser une intégration économique accrue.

Représentants de l’AMAO et des Banques Centrales, experts techniques et partenaires du projet participant à l’exercice régional de validation à Banjul.

L’atelier de trois jours a permis aux participants de procéder à un examen approfondi des livrables techniques. Les conclusions et recommandations issues des délibérations fourniront des orientations stratégiques pour la prochaine phase du projet d’assistance technique et permettront d’éclairer la prise de décision des instances compétentes de la CEDEAO. La mise en œuvre réussie des recommandations issues de l’atelier de validation constituerait une étape importante dans les efforts déployés par la CEDEAO en vue de mettre en place un écosystème régional de paiement moderne, intégré, efficace et résilient, à même de soutenir l’approfondissement de l’intégration économique et monétaire.